LE KAMA-SUTRA ARABE
Deux mille ans de littérature érotique en Orient
DE MALEK CHEBEL
RÉSUMÉ DU LIVRE
Le Kama-sutra arabe est le fruit d'une longue tradition portant sur le désir, l'érotisme et la sexualité. Ce livre de sagesse millénaire, de méditation et de détente est un merveilleux voyage dans la culture arabo- persane. Conçu comme un manuel de savoir-vivre amoureux et d'éducation sexuelle, il regroupe une variété d'oeuvres littéraires et de poèmes portant sur le bien-jouir et la copulation. En célébrant les fastes de la chair, Malek Chebel, nous dévoile un monde fascinant dans lequel s'entrecroisent des amants célèbres déchirés par de passions contrariées, des couples comblés de volupté, ainsi que diverses spécialités érotiques encore tenues au secret. Il nous révèle surtout les mystères du harem et du hammam, les règles du massage, les douze inflexions de la beauté parfaite chez la femme et le secret des aphrodisiaques orientaux (la formule O). Certains textes étant traduits ici pour la première fois, le Kama-sutra arabe, qui tient autant de 'L'art d'aimer' d'Ovide ou de 'De l'amour' de Stendhal que du Kama-sutra indien, est d'abord un hymne à l'amour sous toutes ses formes, exploré, sans complexe ni tabou. Les Houris aux yeux de biches nous feront longtemps rêver...
LES EXTRAITS de "Le Kama-Sutra arabe"
1. Cultivez votre champ !
'Cultivez votre champ', c'est en matière de copulation et d'amour charnel ce que préconise le Coran (II, 223) avant toute autre considération. Selon une symbolique ancienne, le laboureur est l'homme, car il dispose d'une semence précieuse qui vient féconder un réceptacle aux allures majestueuses. Quant à la femme, elle offre son corps comme un parchemin. D'ailleurs, l'Orient tout entier la chante comme une déesse, tandis que son empire dans le domaine de l'amour et de l'affection demeure irremplaçable.
Les liens que l'Islam entretient avec la sexualité sont tout à la fois codifiés et souples. Du point de vue musulman, Dieu ayant créé l'homme, il n'est aucun aspect de celui-ci qui manque de dignité ou qui ne mérite pas d'être exposé. C'est pourquoi, l'acte de chair se réclame et s'autorise du fait coranique.
Chapitre : Introduction - Page : 7 - Editeur : Pauvert - 2006
Amour et amour courtois, beauté, puissance érectile, impuissance, aphrodisiaques, copulation, libertinage, orgie, homosexualité, zoophilie, il n'est pas un thème érotologique ou sexuel qui n'ait fait l'objet d'un développement littéraire appréciable au point que cette étude, destinée aux adultes confirmés, est également un manuel d'initiation à l'univers complexe de l'érotisme dans le Monde arabe. Les jeunes gens y apprendront autant que leurs aînés.
Chapitre : Introduction - Page : 31 - Editeur : Pauvert - 2006
Eloge de l'homosexualité
Les Arabes homophobes ? Il faut mal les connaître auraient dit, unanimes, Al-Jahiz (vers 776-869), Abu Nûwas (757-815), Al-Antaki (mort en 1599) et bien d'autres grands amateurs éclairés qui, de toute façon, auraient trouvé l'idée saugrenue et peu consistante. Mais c'étaient des érudits qui n'avaient pas de compte à rendre au mollah et au censeur, bien qu'il faille ici ou là 'enguirlander d'excuses philosophiques' (Massignon) des propos éventuellement scabreux qui auraient choqué jusque dans leur classe sociale.
Il faut dire que la parole de Sodome met en danger l'architecture morale de la sexualité arabe, laquelle passe pour être franchement hétérosexuelle. Mais les esthètes que voici bénéficieraient de la protection que leur conférait leur art ou leur position sociale pour nourrir l'éphèbe et au mignon un culte très particulier.
Chapitre : 7. Sodome ou les "amours particulières" - Page : 239 - Editeur : Pauvert - 2006
Biographie [modifier]
Né en 1953 à Skikda en Algérie, Malek Chebel fait ses études primaires et secondaires en arabe puis obtient son baccalauréat philosophie et lettres et entre jusqu'en 1977 à l'Université Aïn El-Bey de Constantine. En 1980, il obtient un premier doctorat en psychopathologie clinique et psychanalyse à Paris VII, Centre Censier. Puis en 1982, Malek Chebel obtient son doctorat d'anthropologie et d'histoire des religions à Jussieu, et en 1984 son doctorat de sciences politiques de l'Institut d'études politiques de Paris. En 1995, il est habilité à la direction de recherche à la Sorbonne. Il a exercé et donné des conférences en Europe, dans le monde arabe et aux Amériques : dans des universités en France (la Sorbonne, Paris IV), au Maroc, Université de Marrakech, en Tunisie, dans plusieurs établissements supérieurs égyptiens, aux États-Unis, à Berkeley et Stanford, à San Francisco, à l'UCLA de Los Angeles, à la CUNY à New York, Rockefeller University à Chicago, en Belgique l'ULB à Bruxelles...
Malek Chebel a pris des positions fortes pour prôner un Islam moderne quand il parle dans différentes interviews réalisées pour la presse. Qu'il s'agisse du voile qui est, d'après lui, un sujet « secondaire », - ce qui ne l'empêche pas de qualifier cette revendication comme une « régression » -, qu'il s'agisse encore du besoin de traiter les problèmes entre les hommes par les hommes eux mêmes, et non par le recours à la religion , au nom de Dieu, ou en invoquant le nom de Dieu.
Malek Chebel est membre actif du Groupe des Sages qui, auprès de Romano Prodi, président de la Commission européenne, réfléchit aux implications culturelles induites par l'Europe, notamment dans ses rapports avec la rive sud de la Méditerranée.