Amir Péretz

Publié le par Dan

Amir Péretz
Aline Sultan
dimanche 22 janvier 2006 - 11:46



amir_peretz_s1.jpgAmir Péretz  est né le 9 mars 1952 à Boudhar, un village du Maroc.

En 1956, Péretz émigre en Israël avec sa famille, qui est acheminée vers un  camp de transit situé dans le nord du Néguev qui devint par la suite la petite ville de Sdérot. 
Au bout d’un certain temps, le père de la famille trouvera un emploi dans une usine d’un Kibboutz voisin et sa mère sera embauchée dans une blanchisserie.

Amir Péretz restera marqué par les conditions difficiles de l’intégration de sa famille dans cette ville de développement, sans autre perspective d' emploi que le travail pour les kibboutzim de la région.
Il grandit à Sdérot, et c’est dans cette ville qu’il débutera sa carrière politique en tant que maire en 1983.
Durant son service militaire, il s’ engagera dans les parachutistes. Il quittera l’armée après avoir été grièvement blessé durant la guerre de Kippour, dans la bataille du passage de Mitleh. Après deux ans d’hospitalisation, il restera immobilisé dans une chaise roulante durant plusieurs années.
En 1977, il se mariera avec Ahlama, institutrice et quatre enfants naîtront de leur union.  C’est en tant que fermier dans Nir Akiva, qu’il gagnera sa vie, bien que confiné dans un fauteuil roulant.

Par la suite, il fera son entrée au Parti travailliste, présidera le Conseil des mouvements de jeunesse à l’échelle nationale et le Lobby pour le Néguev.

Après s’être forgé une réputation d’agitateur social et de défenseur du processus de paix (dans le cadre de ses actions au sein de Chalom akhchav), il quittera la mairie de Sdérot et fera son entrée dans l'arène politique de la Knesset en 1988, sur la liste travailliste. Il se joindra au groupe des colombes avec Yossi Beylin, Haïm Ramon, et Avraham Burg.
Il sera membre des commissions suivantes : Contrôle de l’Etat, Affaires étrangères et Sécurité, Travail et Protection sociale.

En 1994, il quittera provisoirement le Parti travailliste, pour partir, en tant que second de Haïm Ramon, à la conquête de la Histadrout. 
En 1995, après le retour de Haïm Ramon au Parti travailliste en qualité de ministre de Shimon Pérès, il lui succèdera au poste de Secrétaire Général de la Histadrout,  responsabilité qu'il occupera jusqu'en décembre 2005. Il s’y fera remarquer en engageant des grèves dures à maintes reprises. Il ne cessera jamais de promettre qu’une fois au pouvoir, il augmentera le salaire minimum et réduira l’écart entre riches et pauvres.

Que pense Amir Péretz de la présence Juive en Judée Samarie et dans la bande de Gaza ? «L’occupation est, à mes yeux, un acte immoral... Si je veux en finir avec l’occupation, ce n’est pas à cause de la pression internationale ou palestinienne, mais c’est parce que pour moi, c’est d’une importance vitale pour les intérêts de la nation israélienne.»

Militant de Chalom Akhchav de toujours (La Paix maintenant), Péretz, traite quotidiennement avec des cadres de l’OLP depuis plus de 20 ans, dès l’époque où il était maire de Sdérot et y compris quand les rencontres avec les représentants de l’OLP étaient interdites par la loi.
Sa femme Ahlama est médiatrice israélo-arabe professionnelle.

Ceci dit, Péretz est loin d’être un inconditionnel naïf de la paix. Il sait que le public israélien croit en la «clôture de séparation», qu’il ne renoncera à aucun prix à une "Jérusalem unifiée" et il est conscient du danger que représenterait l’affluence en masse de «réfugiés» palestiniens. C’est pourquoi il opte pour un tracé de la «clôture» qui ne perturbe pas trop la vie des Palestiniens et pour ce qui est de Jérusalem, ferait le choix  d’une «autonomie religieuse» qui ne diviserait pas la ville. Selon lui, pour ce qui est des «réfugiés», il faudrait rechercher des solutions en dehors des frontières du pays, en faisant quelques exceptions pour les cas de «regroupement familial»

En 1999, après l'élection d’Ehoud Barak, il formera le parti Am Ehad («Un seul Peuple») qui gagnera deux sièges à la Knesset aux élections, puis trois en 2003.

Défenseur des pauvres contre la politique du parti au pouvoir (Likoud), Péretz est de plus en plus populaire auprès des défavorisés et des classes ouvrières. Il profite de cette popularité pour amorcer son retour chez les travaillistes, fusionnant Am Ehad avec le Parti travailliste durant l’été 2004.

A la surprise générale, le 9 novembre 2005, à l’âge de 53 ans, le leader syndical remporte l'élection à la direction du Parti travailliste, prenant le dessus sur Shimon Pérès, le doyen du parti, pourtant donné vainqueur avant le scrutin. Il obtient 42% des suffrages et dépasse Shimon Pérès de 2%.
Immédiatement après sa nomination, Péretz annonce la rupture de la coalition gouvernementale, ordonne aux députés travaillistes de rejeter le budget 2006 et impose  aux ministres de son parti de quitter le gouvernement Sharon sans délai, rappelant à ceux d’entre eux qui l’auraient oublié, que le Parti travailliste s’y était joint uniquement pour permettre le retrait de Gaza.

Les lettres de démission en poche, il ne laissera aucune marge d’action à Ariel Sharon, et le forcera à anticiper les élections législatives à fin mars 2006.
Amir Péretz tentera de maintenir l’équilibre du parti en proclamant publiquement, qu'il a besoin de Shimon Pérès à ses côtés, de son expérience et de sa légendaire réputation internationale. Mais comme toujours, Pérès se montrera mauvais perdant et quittera le Parti travailliste pour rejoindre le parti nouveau-né d’Ariel Sharon, Kadima. Suivant son exemple, d’autres dirigeants travaillistes répondront à l’invitation du Premier ministre.

Les voix amenées par Shimon Pérès manqueront et seront irrécupérables, car elles se rallieront immanquablement à Kadima.

Dans sa campagne, Amir Pérètz essaie de convaincre le public qu’il est le seul défenseur des causes sociales, mais les Israéliens ne définissent pas leur position politique en fonction de leur opinion sur des questions économiques ou sociales, en général, leur vote dépend de leur avis au sujet de la création d’un État palestinien ou de l’accord de paix.

De plus, le climat émotionnel engendré par l’état de santé du Premier ministre Ariel Sharon, influence les sondages et la côte de popularité de Kadima ne cesse de grimper. Pérètz ne semble pas avoir beaucoup de chances de sortir le Parti travailliste de l’enlisement. 



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Publié dans megal

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